Case Santé

Les cases

Nous en avons donc profité pour aller faire un tour du côté du « poste de santé » du village. Je mets volontairement les guillemets, car le terme est peut-être un peu ambitieux pour décrire ce petit bâtiment.

Dans le village, une association a construit deux bâtiments à vocation sanitaire : un poste de santé et une maternité.

La maternité est encore utilisée ponctuellement, notamment lorsque certaines futures mamans ne peuvent pas se rendre jusqu’à l’hôpital d’Oussouye. Dans ce cas, c’est la sage-femme de Mlomp qui se déplace pour assurer le suivi et, si nécessaire, l’accouchement. Une organisation simple, mais qui permet d’éviter à certaines femmes un déplacement difficile jusqu’à l’hôpital. 

Le poste de santé, lui, est placé sous la responsabilité de Pascaline. Elle a suivi une formation qui lui permet d’assurer les premiers soins et le suivi de proximité. À l’intérieur, on trouve un bureau, une armoire qui fait office de petite pharmacie et une table d’examen. Pas de matériel dernier cri, mais l’essentiel pour répondre aux besoins les plus courants. Dans l’armoire, quelques médicaments : antalgiques, antibiotiques, vermifuges… ainsi que du petit matériel permettant de réaliser des pansements simples. Grâce aux dons matériels et financiers que nous avions pu réunir, nous avons également pu compléter cette petite pharmacie en lui apportant des médicaments de première intention. Une aide concrète, qui permet à Pascaline de disposer de quelques ressources supplémentaires pour répondre aux besoins les plus courants des habitants.

Prises de tension

Avec Pascaline, nous avions imaginé organiser une après-midi consacrée à la prise de tension. Et finalement, nous n’avons pas eu besoin de faire beaucoup de publicité : les habitants sont venus, de tous les âges, ainsi que plusieurs femmes enceintes. Nous avons donc pris des tensions, échangé, expliqué… et parfois repris la mesure une deuxième fois, histoire de vérifier que la première n’avait pas été influencée par le stress de voir arriver une infirmière avec son tensiomètre !

Cette après-midi nous a surtout permis de mieux comprendre une problématique importante : le suivi des personnes déjà diagnostiquées hypertendues et, en particulier, l’observance de leur traitement. L’hypertension artérielle peut toucher des adultes relativement jeunes et elle est particulièrement fréquente chez les personnes d’ascendance africaine. Certaines particularités ont d’ailleurs été décrites concernant son apparition, son évolution et sa prise en charge dans ces populations. Cela rend d’autant plus important le dépistage et le suivi régulier de la tension artérielle.

Encore faut-il pouvoir poursuivre le traitement.

Mais prendre une tension et poser un diagnostic ne suffit pas.

Et c’est là que les choses se compliquent.

La première pharmacie est éloignée du village, ce qui représente déjà un obstacle concret. À cela s’ajoute une question financière.

Au Sénégal, le système de santé ne repose pas sur un dispositif de prise en charge comparable à notre Assurance Maladie. Il existe des mutuelles de santé, mais nous n’avons pas réussi à obtenir suffisamment d’informations sur leur fonctionnement et leur accessibilité pour les habitants du village. Pour certaines personnes, acheter régulièrement un traitement contre l’hypertension peut donc représenter une dépense importante. Le problème n’est alors pas forcément de savoir qu’il faut prendre son traitement, mais simplement de pouvoir le faire de manière régulière.

Cette après-midi de prises de tension nous a finalement rappelé une chose assez simple : la santé ne dépend pas uniquement d’un diagnostic ou d’une ordonnance. Elle dépend aussi de la possibilité d’accéder aux soins, de trouver les médicaments, de pouvoir les payer et de bénéficier d’un suivi dans la durée.

Il est difficile d’entendre quelqu’un dire qu’il n’a pas les moyens de payer un traitement pourtant vital et de ne rien pouvoir faire.

Bon, nous avions une piste, mais il fallait d’abord rentrer à Oussouye et vérifier.

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