La préparation
À notre précédent séjour il y avait, depuis la rentrée scolaire, une classe maternelle. Ne faisant pas partie de l’éducation nationale, la rémunération de l’enseignante est portée par une association. La classe quasiment nue, vue il y a deux ans a été équipée depuis avec des petites tables et chaises. Ainsi qu’avec des étagères sur lesquelles on peut trouver du matériel scolaire ainsi que des jeux et jouets.
Comme La Pointe Saint George est un peu touristique, on y peut observer en marée basse des lamantins, les touristes apportent parfois du matériel scolaire et des jouets.
Lors de ma visite préparatoire cette année, Angélique, l’enseignante, était absente, sa fille étant hospitalisée après un accident. Mais le directeur m’a fait visiter la classe et j’ai remarqué que les jeux et jouets sur l’étagère n’étaient pas, ou guère utilisés. Ils sont assez hétéroclites, mais on peut utiliser certains de façon pédagogique de différentes façons.
Donc j’ai demandé au directeur s’il voyait un intérêt que je fasse un peu le tri et que je montre à Angélique comment utiliser certains jeux à des fins pédagogiques. Il était ravi, disant qu’Angélique n’était quasiment pas formée, mis à part des petits stages, très souvent en visio, de temps à autre.
On n’a pas le temps, il y a le programme

Une famille a ouvert une petite boutique, donc pour la récrée maintenant, ce sont des sucreries
Le système scolaire au Sénégal est assez particulier : il y a un programme officiel quasiment journalier, on peut partir du principe que tous les élèves d’un même niveau ont le même cours au même moment. Les cours sont essentiellement frontaux, les enfants apprennent leurs leçons.
Alors quand on a notre système scolaire plus ouvert en tête, c’est bien compliqué…
Il faut bien argumenter et montrer aux enseignants qu’avec certains jeux on peut faire des mathématiques, du vocabulaire etc et que ce n’est pas une perte de temps mais motive les enfants.
L’avantage de l’école de la Pointe Saint Georges : C’est une « mini école », on ouvre un CP tous les deux ans, donc il y a deux classes d’âge dans un niveau scolaire. De cette façon, il y a dans une classe entre 8 et 12 élèves. Et chaque enseignant suit ses élèves du début de leur scolarité jusqu’à la fin.
Donc petites classes, atmosphère plutôt cool, enseignants qui sont passées par la formation d’état (sauf Angélique) et ont donc plus de confiance en eux que les enseignant.e.s de Thiaroye. Tout le monde se connaît et se fréquente à l’extérieur de l’école. C’est plus facile de suggérer des « expérimentations pédagogiques »
La semaine de travail

Angélique montre le puzzle cube que nous avons apporté au plus « grand »
Et la bonne surprise : Angélique et sa fille, avec ses béquilles, sont de retour, et Angélique veut bien que je lui montre ce qu’on peut faire avec le matériel sur place et celui que nous avions apportés.
La classe cette année est essentiellement composé de la petite section, quelques « moyens » et un élève de grand section.
En fouillant sur l’étagère, je n’ai pas pu m’empêcher, avant le travail plus sérieux, d’ouvrir un flacon…
J’ai trouvé intéressant de montrer à Angélique la polyvalence des cubes, genre gros Lego pour faire des « prémathématiques » :
Premier exercice, et ça, c’est au programme à cette époque: les couleurs.
Les petits ne doivent pas simplement les reconnaître mais aussi apprendre leur nom en français. Alors on tri et on nomme.
Deuxième exercice (la vidéo) : les nombres. De nouveau il faut en même temps apprendre le nombre en français.
Angélique nomme, les élèves trient.
Troisième exercice (pour un autre jour) : un élève nomme, un élève pose dans le bon tas.
Malheureusement, comme notre temps était compté, je n’avais pas l’occasion de faire de la peinture avec les petits, ce sera pour une prochaine fois.
Un autre avantage d’une si petite école : pendant la récrée, les grands s’occupent des petits. Et on n’a pas forcément besoin de jeux d’extérieur sophistiqués pour s’amuser
