Plantes en cage
À Oussouye, en 2024, c’était le grand chantier : La rue qui mène au Campement Émanaye (entre autres), notre « camp de base » était en train d’être pavée. Le déplacement était difficile, fallait traverser le chantier, ne pas oublier de saluer les travailleurs, leur souhaiter « bon courage ». Oui, du courage, il faut en avoir quand il fait entre 36°C et 40°C.
Donc, en 2026, à notre retour, le confort ! À part le dernier petit morceau : Comme il y a un petit bois, dont une partie est considéré comme « bois sacré », interdiction d’y toucher.
Le long de cette route on voit un certain nombre de « plantes en cage ». Une sage précaution quand on sait que les moutons, chèvres, vaches à cette époque de l’année sont en liberté et se cherchent leur nourriture où ils peuvent.
Arrosage régulier
Un jour, en rentrant de la bibliothèque, je suis tombée sur une équipe, non pas d’agents municipaux, mais nationaux. Et quelle surprise pour moi : j’étais persuadé que la muraille verte concernait le Sahel, ici pas besoin d’arrêter le Sahara.
Cette équipe de l’ ASERGVM sillonne plusieurs quartiers pour arroser les arbres plantés pendant la saison de pluie, oui, pendant la saison sèche, d’octobre/novembre à mai/juin, pas une seule goutte ne tombe.
En Casamance, l’environnement est pris au sérieux : Avec le changement climatique et la montée des eaux, le reboisement est vital.
Toute la région est quasiment au niveau de l’océan, sur la côte ce ne sont souvent que quelques dunes qui protègent tout un village. Par endroit, l’érosion côtière est important. Dans les terres, des rizières sont devenus inexploitables, le sol est devenu trop salé.
Plusieurs associations, sénégalaises et étrangères, font de la sensibilisation dans les écoles et interviennent sur le terrain. À Oussouye par exemple, l’association Nebeday est très active.

Replanter la mangrove
De grands efforts sont fait pour replanter cet écosystème vital pour la Casamance. Longtemps exploité pour le bois de chauffe et autres, l’État a sévi, interdiction d’y couper quoi que ce soit. Notre logeuse est malheureuse, elle ne peut plus faire refaire ses jolis plafonds en cassettes, typique pour la région : on utilise du palétuvier.
Un article, qui date déjà un peu ici
Le délice des huîtres
Janvier et février c’est la saison des huîtres de la mangrove. Traditionnellement ce sont les racines du palétuvier garnies d’huîtres qui sont coupés puis cuits sur feu de bois. Chaque convive ouvre les siennes. Bon, parfois nous sommes aidées, les locaux en retrouvent toujours quand nous pensons avoir tout mangé.
Même si ce n’est qu’une entrée, saisonnière en plus, on coupe les mangroves. Depuis peu se développent des parcs à huîtres d’élevage dans le delta du Siné Saloum et aussi en Casamance. Autant par souci environnemental que pour faciliter le travail des femmes et augmenter leur revenus.
Oui, au Sénégal les hommes vont à la pêche, les femmes cultivent.
Néanmoins, il restent des grands problèmes en Casamance que seulement l’État Sénégalais peut résoudre:
- Le long des frontières très perméables avec la Gambie et la Guinée Bissau se sont retranchés les derniers membres du Mouvement des forces démocratiques casamançaises (MFDC), devenus bandits qui vivent de la culture de champs de chanvre et de trafic de bois précieux, qui est très prisé en Chine.
- A Niafrang, près de la Gambie il y a depuis des années un projet très controversé d’extraction de Zircon. Les dunes protégeant le village seraient remuées et exploitées.
Vous trouverez des articles multiples sur le Net, n’hésitez pas
